Contrôler n’est pas humilier : l’UMIH du Rhône interpelle les pouvoirs publics sur la proportionnalité des sanctions administratives
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L’UMIH du Rhône a adressé une lettre ouverte à Monsieur le Préfet du Rhône afin d’ouvrir un débat de fond sur les conséquences des fermetures administratives et sur les pratiques de communication qui les accompagnent.
Cette démarche ne remet aucunement en cause la nécessité des contrôles sanitaires. Bien au contraire.
Les professionnels de l’hôtellerie-restauration sont pleinement conscients de leurs responsabilités en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire. Ils soutiennent les contrôles, acceptent les sanctions lorsqu’elles sont justifiées et reconnaissent la nécessité des fermetures administratives lorsque la protection des consommateurs l’exige.
La question soulevée par l’UMIH du Rhône est celle de la proportionnalité.
Lorsqu’un établissement fait l’objet d’une fermeture administrative, il subit déjà une sanction particulièrement lourde : interruption immédiate de son activité, perte de chiffre d’affaires, fragilisation des emplois, coûts de remise en conformité et parfois menace sur sa survie économique.
À cette sanction s’ajoute aujourd’hui une exposition publique croissante. Les décisions de fermeture sont largement relayées par les médias, amplifiées sur les réseaux sociaux et durablement accessibles sur internet, y compris après la réalisation des travaux correctifs et la réouverture de l’établissement.
Pour l’UMIH du Rhône, cette situation soulève une question légitime : une fois la remise en conformité constatée et l’objectif de santé publique atteint, quel est l’intérêt collectif de maintenir une stigmatisation publique durable ?
Au-delà des entreprises directement concernées, cette pratique contribue également à fragiliser l’image de l’ensemble d’une profession.
Lyon bénéficie d’une réputation gastronomique et touristique reconnue dans le monde entier. Les professionnels du secteur participent chaque jour à son rayonnement et à son attractivité. Il est donc essentiel que les dispositifs de contrôle et de sanction poursuivent leur objectif de protection des consommateurs sans pour autant alimenter une perception dégradée de toute une filière à partir des manquements de quelques établissements.
L’UMIH du Rhône appelle également à une vigilance particulière concernant l’équité dans l’application des règles.
Les restaurateurs sont soumis à de nombreuses obligations en matière d’hygiène, de sécurité, d’accessibilité et d’accueil du public. Ces exigences sont légitimes et doivent être respectées. Elles doivent cependant s’appliquer de manière homogène à l’ensemble des acteurs proposant des activités comparables, quels que soient leur statut ou leur modèle économique.
La fermeté est nécessaire. L’équité l’est tout autant.
À travers cette lettre ouverte au Préfet, l’UMIH du Rhône souhaite engager un dialogue constructif avec les pouvoirs publics autour d’un objectif partagé : garantir la protection des consommateurs tout en préservant la pérennité des entreprises, l’emploi local et l’attractivité de nos territoires.
Nous vous invitons à prendre connaissance de la lettre ouverte dans son intégralité via le lien au début de l’article.
